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l’Aube
 
Cannes 2013 NYC Independant Film Fest
 

Synopsis

Après avoir purgé une peine de trente années de prison pour un double homicide un homme se fait enlever et séquestrer. Enchaîné dans une grange isolée entre champs et forêt, il va s’installer dans un quotidien qui annihilera peu à peu sa résistance.

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"Cette mystérieuse faculté qu’a l’être humain de s’attacher aux objets les plus dérisoires de son existence, aux instruments même de son supplice, simplement parce qu’ils font partie du modeste décor de son quotidien, du simple fait qu’ils lui sont devenus familiers, occupa mon esprit pendant des heures. Sans doute en va-t-il de même de notre vie entière. Je méditai longuement sur ce que cette réalité révèle de la condition humaine, je ne cesse encore aujourd’hui de m’en étonner."

François BIZOT - Le Portail
Ed. La Table Ronde 2000 - page 83

 
Le propos d'Isabelle Sancy

L’Aube, court-métrage, Jean-Philippe Pernot.

Le fond et la forme y sont austères et contemplatifs, âpres et doux, et cela me plaît. Presque immédiatement mon esprit y a superposé le film de Julian Pölsler, Le mur invisible (Die Wand). Je pense que votre sujet est la condition humaine.
Votre prétexte d'une vengeance est d’abord un biais narratif, me semble-t-il, pour penser cette condition humaine ; l'enfermement, la chaîne sont métaphoriques pour dire les choses essentielles :
Où suis-je ? Pourquoi suis-je lÀ ? Que vais-je faire ? etc

La vengeance, ce ressentiment, est la dimension dédoublée de l'enfermement mais l’intersubjectivité aussi douloureuse soit-elle, opère ; cette intersubjectivité par laquelle chacun d'entre nous est nourri de l'Autre, fut-ce par du ressentiment, et ainsi évolue, progresse, se libère.
L’Autre y est une présence aux multiples références, douces et amères, profondes ou cruelles : le nounours de l’enfance qui est peut-être l’absolu du Même qui est Autre, la poupée gonflage qui passe du statut de femme-objet À la nostalgie et désir de l’Autre par le réapprentissage des gestes et des attentions minuscules À l’Autre, fut-ce une poupée gonflable.
À l'Aube, nu comme un nouveau-né, l'histoire recommence toujours.
Quelle foi...

Dans votre court-métrage, le prosaïsme de la condition humaine qu’incarne cet homme aux manières de rustre va de pair avec la douceur infinie qui est consubstantielle de l'âpreté de la condition humaine : bonheur d'être au monde, goût des choses minuscules (gouttes, vent, travail du pivert et mon préféré, À la fin, le chant du loriot !), tout est manifestation de la beauté du monde et du miracle de la vie et de la conscience (quoique l'infini de notre nature humaine, à l'image des possibilités infinies de la Nature soit pour le pire comme le meilleur.)

Isabelle Sancy

 
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